Sérigraphie de sous-glaçure sur porcelaine, pierres en porcelaine et oxyde d’étain, bois
119 x 67 x 80 cm
Pelletées, concassées et déplacées, les pierres forment et transforment nos paysages. Parce qu’on construit autour d’elles, avec elles et en s’adaptant à elles, le paysage naturel se métamorphose par transaction avec celles et ceux qui l’habitent. Amèrement et communément appelée « terre de roches » par les personnes qui l’ont travaillée pour s’y installer, la municipalité de Shawbridge s’est construite au gré des événements sociohistoriques. Son paysage, célèbre pour sa falaise rocheuse, s’est vu transformé au même rythme qu’il a, en imposant aux humains son labeur, modelé leurs histoires aussi rudes que tendres, tantôt lointaines, tantôt très familières. Terre de roches se veut ainsi une réappropriation anthropo-poétique de mon récit familial, un écho sensible à l’histoire de la colonisation des Laurentides. Comme si on les avait retirées afin de réaménager le paysage naturel en un paysage rural habitable, l’amoncellement des roches devenues objets précieux et juxtaposées à une image d’archive restaurée permet d’en faire une lecture narrative.